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TMS et DUERP : Évaluer et Prévenir les Troubles Musculo-Squelettiques

Comment évaluer les TMS dans le DUERP ? Gestes répétitifs, postures, manutention. Méthode d'évaluation ergonomique et actions de prévention.

Actualisé le :
11/2/2026
BG
TMS et DUERP : Évaluer et Prévenir les Troubles Musculo-Squelettiques

Les troubles musculo-squelettiques représentent la première cause de maladie professionnelle en France. Ils comptent pour plus de 85 % des maladies professionnelles reconnues. Lombalgies, tendinopathies, syndrome du canal carpien, épicondylites : ces pathologies touchent tous les secteurs d'activité, du BTP au tertiaire en passant par le commerce et la restauration.

Leur prévalence impose une évaluation rigoureuse dans le DUERP. Pourtant, beaucoup de documents uniques se contentent de mentionner le risque de TMS de manière générique, sans identifier précisément les situations d'exposition ni les facteurs de risque.

Comprendre les facteurs de risque des TMS

Les facteurs biomécaniques

Les gestes répétitifs sollicitent les mêmes structures articulaires et musculaires sans temps de récupération suffisant. La répétitivité est un facteur de risque majeur dans les activités de conditionnement, de caisse, de mise en rayon, de saisie informatique.

Les postures contraignantes maintenues dans le temps génèrent des tensions musculaires et des compressions articulaires. Travail bras levés, flexion prolongée du tronc, torsion du rachis, extension du poignet : chaque posture inadaptée sollicite des structures spécifiques.

Les efforts de manutention exposent au risque de lombalgie et de lésions discales. Le port de charges lourdes, les poussées et tractions, le soulevé de charges en position de flexion représentent les situations les plus à risque.

Les vibrations transmises aux membres supérieurs par les outils vibrants ou au corps entier par les engins contribuent également au développement des TMS.

Les facteurs organisationnels

Le rythme de travail, l'absence de pauses, la monotonie des tâches, le manque d'autonomie dans l'organisation du travail amplifient l'exposition aux facteurs biomécaniques. Un salarié qui ne peut pas choisir l'ordre de ses tâches ni faire de pause quand il en ressent le besoin est plus exposé.

Les facteurs psychosociaux

Le stress, la pression temporelle et le manque de soutien social majorent le risque de TMS. Les mécanismes sont physiologiques : le stress augmente la tension musculaire et réduit la capacité de récupération. L'évaluation des TMS dans le DUERP ne peut donc pas se limiter aux aspects biomécaniques.

Évaluer les TMS dans le DUERP

Identifier les postes à risque

Commencez par repérer les postes qui cumulent les facteurs de risque : répétitivité, postures contraignantes, efforts de manutention. Les indicateurs d'alerte sont les plaintes des salariés, les restrictions d'aptitude du médecin du travail, les arrêts de travail pour pathologies de l'appareil locomoteur.

Analyser les situations de travail

Pour chaque poste à risque, observez les gestes et postures réels en situation de travail. Les méthodes d'analyse ergonomique comme la check-list OSHA, la méthode RULA pour les membres supérieurs, ou l'équation NIOSH pour le soulevé de charges fournissent des cadres d'évaluation structurés.

Coter les risques

La cotation des TMS dans le DUERP tient compte de la gravité des dommages potentiels, de la fréquence d'exposition aux facteurs de risque, et de la probabilité de survenue d'un dommage. Un poste cumulant répétitivité élevée, postures contraignantes et absence de pauses sera coté en risque élevé.

Les actions de prévention

Aménager les postes de travail

L'ergonomie du poste est la première mesure de prévention. Plans de travail à hauteur réglable, outils adaptés, supports anti-vibrations, aides à la manutention. Chaque aménagement doit être pensé en fonction des tâches réellement exécutées et des caractéristiques anthropométriques des salariés.

Organiser la rotation et les pauses

L'alternance des tâches réduit la sollicitation répétée des mêmes structures. Les micropauses permettent une récupération musculaire qui limite l'accumulation de fatigue. L'organisation du travail est un levier de prévention aussi puissant que l'aménagement technique.

Former aux gestes et postures

La formation gestes et postures sensibilise les salariés aux risques et leur apprend des techniques de manutention sécurisées. Son efficacité est réelle mais limitée si elle n'est pas accompagnée d'aménagements techniques et organisationnels.

Réduire les charges à la source

La mécanisation et l'automatisation des opérations de manutention lourdes ou répétitives constituent la mesure la plus efficace. Transpalettes électriques, tables élévatrices, bras manipulateurs, convoyeurs : les solutions techniques réduisent l'exposition sans dépendre du comportement individuel.

Les TMS ne sont pas une fatalité. Une évaluation rigoureuse dans le DUERP, couplée à des actions de prévention combinant aménagement technique, organisation du travail et formation, permet de réduire significativement leur incidence et leurs conséquences.

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