DUERP

Cotation des Risques dans le DUERP : Méthode et Grille d'Évaluation

Gravité × Fréquence × Probabilité : maîtrisez la cotation des risques dans le DUERP. Grilles d'évaluation, échelles et priorisation des actions.

Actualisé le :
11/2/2026
BG
Cotation des Risques dans le DUERP : Méthode et Grille d'Évaluation

La cotation des risques est le cœur technique du DUERP. C'est elle qui transforme un simple inventaire de dangers en un outil de décision. Sans cotation, impossible de hiérarchiser les risques, de définir les priorités d'action et d'allouer les ressources de prévention là où elles sont le plus nécessaires.

Beaucoup de DUERP contiennent un inventaire correct des risques mais une cotation approximative ou incohérente. Le résultat est un document qui ne permet pas de distinguer les risques critiques des risques résiduels, et qui ne guide donc pas efficacement l'action.

Le principe de la cotation

La logique gravité, fréquence, probabilité

La méthode la plus répandue évalue chaque risque selon trois critères. La gravité mesure l'importance du dommage potentiel, de la gêne légère au décès. La fréquence mesure la régularité de l'exposition au danger, de l'exposition occasionnelle à l'exposition permanente. La probabilité mesure la vraisemblance que le danger se concrétise en dommage, en tenant compte des mesures de prévention existantes.

Le score de criticité est obtenu en multipliant les trois valeurs : Criticité = Gravité × Fréquence × Probabilité.

Les échelles de cotation

Les échelles à quatre niveaux offrent un bon compromis entre précision et simplicité.

En gravité : niveau 1 pour un dommage mineur et réversible comme une gêne ou un inconfort, niveau 2 pour un dommage modéré et réversible nécessitant un soin comme une entorse ou un lumbago, niveau 3 pour un dommage grave avec incapacité partielle permanente comme une fracture ou une surdite, niveau 4 pour un dommage très grave incluant le décès ou une incapacité totale permanente.

En fréquence : niveau 1 pour une exposition rare de l'ordre d'une fois par an, niveau 2 pour une exposition occasionnelle de l'ordre d'une fois par mois, niveau 3 pour une exposition fréquente de l'ordre d'une fois par semaine, niveau 4 pour une exposition quotidienne ou permanente.

En probabilité : niveau 1 quand le dommage est très improbable grâce aux protections en place, niveau 2 quand il est peu probable, niveau 3 quand il est probable, niveau 4 quand il est très probable ou certain en l'absence de mesure supplémentaire.

Interpréter les résultats

Les seuils d'action

Le score de criticité varie de 1 à 64 avec une échelle à quatre niveaux. Les seuils d'action doivent être définis en fonction du contexte de l'entreprise. À titre indicatif, un score de 1 à 8 correspond à un risque faible nécessitant une surveillance, de 9 à 16 à un risque modéré nécessitant une action planifiée, de 17 à 32 à un risque élevé nécessitant une action prioritaire, et au-delà de 32 à un risque critique nécessitant une action immédiate.

La hiérarchisation des actions

La cotation permet de classer les risques par ordre de criticité décroissante. Les risques les plus critiques doivent faire l'objet d'actions de prévention prioritaires. Les ressources sont allouées en commençant par les risques les plus élevés.

Les pièges de la cotation

La tentation du score homogène

Un DUERP dans lequel tous les risques obtiennent le même score est suspect. Il traduit généralement un manque d'analyse. Chaque risque présente un profil différent et doit être évalué spécifiquement.

La sous-évaluation volontaire

Certains employeurs sont tentés de minimiser les scores pour présenter un bilan rassurant. C'est contreproductif à double titre. Le DUERP perd sa fonction d'outil de décision. Et en cas d'accident, la sous-évaluation sera mise en évidence et aggravera la position de l'employeur.

L'oubli de la probabilité résiduelle

La probabilité doit tenir compte des mesures de prévention existantes. Un risque dont la gravité et la fréquence sont élevées mais pour lequel des protections efficaces sont en place aura une probabilité réduite. Ne pas intégrer cet effet conduit à surévaluer les risques déjà traités.

Les méthodes alternatives

La grille à deux critères

Pour les TPE, une grille simplifiée Gravité × Probabilité peut suffire. Le score varie de 1 à 16, ce qui est plus facile à manipuler. L'essentiel est la cohérence de l'approche et la capacité à distinguer les risques prioritaires.

La matrice de risques

La représentation en matrice croise la gravité en ordonnée et la probabilité en abscisse. Chaque risque est positionné dans la matrice. Les zones rouge, orange, jaune et verte facilitent la lecture et la communication auprès des équipes.

La cotation est un exercice de jugement qui gagne en précision avec le temps et l'expérience. Ne cherchez pas la perfection dès le premier DUERP. L'important est de poser une première évaluation sincère et de l'affiner à chaque mise à jour.

Lexique

Obtenir mon diagnostic santé-travail gratuit

Un diagnostic Santé au travail complet, structuré autour de 47 questions ciblées réparties en 7 piliers fondamentaux

Faire mon diagnostic
Faire mon diagnostic
Blog

Ces articles pourraient vous plaire aussi :