11/2/2026
Dépôt Dématérialisé du DUERP : Où en Est le Portail Numérique ?
Point sur le portail numérique de dépôt dématérialisé du DUERP : échéances, reports, que faire en attendant. État des lieux 2026.
Rédiger son DUERP pour la première fois est un exercice qui intimide. Le cadre réglementaire est dense, les risques à couvrir sont nombreux, et la peur de mal faire freine souvent le passage à l'action. Résultat : le document est repoussé de mois en mois, parfois d'année en année.
C'est dommage, parce que la méthode est en réalité assez logique. Il ne s'agit pas de produire un document parfait du premier coup, mais de structurer une démarche progressive, en partant de ce que vous connaissez le mieux : votre entreprise, vos métiers, vos conditions de travail.
Cet article vous guide pas à pas, de la préparation à la finalisation, avec une méthode concrète et des exemples pour chaque étape.
L'employeur est responsable du DUERP. C'est une obligation personnelle et non transférable. Mais responsable ne signifie pas seul. La rédaction du DUERP gagne à être collaborative.
Désignez un référent interne qui coordonne la démarche. Ce peut être le responsable RH, le responsable QSE, le référent santé-sécurité désigné au titre de l'article L4644-1 du Code du travail. Son rôle est de structurer le travail, de solliciter les contributions et de formaliser le document.
Les salariés sont les premiers experts de leurs conditions de travail. Leur participation est essentielle pour identifier des risques que l'observation seule ne révèle pas. Le médecin du travail apporte son expertise médicale et sa connaissance des pathologies professionnelles. Le CSE, lorsqu'il existe, doit être consulté.
Vous pouvez également solliciter des ressources externes : votre service de prévention et de santé au travail, la CARSAT, l'INRS, un intervenant en prévention des risques professionnels.
Un support de formalisation suffit pour démarrer. Un tableur structuré, un logiciel spécialisé ou une plateforme dédiée. Le choix dépend de la taille de votre entreprise et de la complexité de vos risques.
Pour une TPE de cinq salariés avec une activité de bureau, un fichier Excel bien structuré fait l'affaire. Pour une entreprise de 200 salariés avec des activités variées, un outil plus robuste facilite le suivi et les mises à jour.
L'unité de travail est la brique de base du DUERP. Elle regroupe des salariés exposés à un ensemble de risques homogènes. Le découpage ne suit pas nécessairement l'organigramme. Il suit la logique d'exposition aux risques.
Deux salariés du même service mais occupant des postes très différents peuvent relever d'unités de travail distinctes. Inversement, des salariés de services différents mais partageant les mêmes conditions d'exposition peuvent être regroupés.
Listez les activités de votre entreprise. Pour chacune, identifiez les lieux de travail, les équipements utilisés, les produits manipulés, les contraintes organisationnelles. Regroupez les situations d'exposition comparables.
Dans un commerce alimentaire, on pourra distinguer trois unités : la réserve et la manutention, l'espace de vente, et la caisse. Dans un cabinet d'architectes, on distinguera le travail en bureau et les visites de chantier.
Ne créez pas une unité de travail par salarié. C'est ingérable et inutile. Ne créez pas non plus une seule unité pour toute l'entreprise. Vous perdriez toute la finesse de l'analyse.
Visez entre 3 et 15 unités de travail selon la taille et la diversité de votre organisation. Vous pourrez toujours affiner par la suite.
Pour chaque unité de travail, vous devez recenser les dangers présents. Un danger est tout ce qui est susceptible de causer un dommage : un produit chimique, une machine, une posture, une organisation du travail, un rythme, un mode de management.
Procédez de manière systématique en balayant les grandes familles de risques. Les risques physiques couvrent le bruit, les vibrations, les températures extrêmes, l'éclairage inadapté. Les risques de chutes comprennent les chutes de hauteur et les chutes de plain-pied. Les risques liés à la manutention concernent le port de charges, les gestes répétitifs, les postures contraignantes.
Les risques chimiques englobent l'exposition aux produits dangereux, aux poussières, aux fumées. Les risques biologiques couvrent l'exposition aux agents infectieux. Les risques psychosociaux incluent le stress, la charge mentale, le harcèlement, l'isolement, les conflits. Les risques routiers concernent les déplacements professionnels.
Combinez plusieurs sources. L'observation directe des postes de travail révèle des risques concrets. Les entretiens avec les salariés font émerger des contraintes invisibles. L'analyse des accidents du travail et des arrêts maladie identifie des récurrences. Les fiches de données de sécurité documentent les risques chimiques. Les rapports du médecin du travail signalent des problématiques de santé.
Ne vous censurez pas à ce stade. L'objectif est d'être exhaustif. Le tri viendra ensuite, lors de la cotation.
Un danger existe indépendamment des mesures de prévention. Un risque dépend des conditions d'exposition. Un produit chimique dangereux stocké dans une armoire fermée à clé ne présente pas le même risque qu'un produit manipulé quotidiennement sans protection.
Pour chaque danger identifié, évaluez les conditions réelles d'exposition : qui est exposé, à quelle fréquence, pendant combien de temps, avec quelles protections.
Avant de coter les risques, identifiez ce qui est déjà en place. Les équipements de protection collective, les équipements de protection individuelle, les procédures, les formations, les consignes de sécurité. Ces mesures réduisent le niveau de risque résiduel.
Un risque de chute dans un escalier n'a pas la même criticité si l'escalier dispose d'une rampe, d'un revêtement antidérapant et d'un éclairage correct que s'il est dépourvu de tout aménagement.
La cotation croise généralement trois critères. La gravité évalue la sévérité potentielle du dommage, de la gêne légère au décès. La fréquence mesure la régularité de l'exposition, d'occasionnelle à permanente. La probabilité estime la vraisemblance de survenue du dommage compte tenu des mesures existantes.
Chaque critère est évalué sur une échelle, généralement de 1 à 4. Le score de criticité est obtenu en multipliant les trois critères. Un risque coté 4 en gravité, 3 en fréquence et 2 en probabilité obtient un score de 24. Un risque coté 2, 2 et 1 obtient un score de 4.
En gravité : 1 correspond à un dommage mineur sans arrêt de travail, 2 à un dommage avec arrêt de travail, 3 à un dommage grave avec incapacité permanente partielle, 4 à un décès ou une incapacité permanente totale.
En fréquence : 1 correspond à une exposition rare, quelques fois par an. 2 à une exposition occasionnelle, quelques fois par mois. 3 à une exposition fréquente, plusieurs fois par semaine. 4 à une exposition permanente ou quotidienne.
En probabilité : 1 signifie très improbable compte tenu des mesures en place. 2 signifie peu probable. 3 signifie probable. 4 signifie très probable ou déjà survenu.
Classez les risques par score décroissant. Les risques les plus critiques concentrent les efforts. Définissez des seuils : au-dessus de 32, action immédiate. Entre 16 et 32, action à court terme. Entre 8 et 16, action à moyen terme. En dessous de 8, surveillance.
Ces seuils sont indicatifs. Adaptez-les à votre contexte. L'essentiel est de disposer d'une hiérarchisation claire qui oriente les décisions.
Les principes généraux de prévention fixent un ordre de priorité. Supprimez le risque à la source quand c'est possible. Remplacez ce qui est dangereux par ce qui ne l'est pas ou ce qui l'est moins. Privilégiez les protections collectives sur les protections individuelles. Formez et informez les salariés.
Un plan d'action qui se limite à distribuer des équipements de protection individuelle passe à côté de l'essentiel. L'EPI est le dernier recours, pas le premier réflexe.
Pour chaque action, précisez cinq éléments. Le risque concerné, pour maintenir le lien avec l'évaluation. La mesure prévue, décrite de manière concrète. Le responsable de la mise en œuvre. Le délai de réalisation. L'indicateur de suivi qui permettra de vérifier que l'action a produit son effet.
Soyez réaliste. Un plan d'action avec cinquante mesures à réaliser en trois mois ne sera pas tenu. Concentrez-vous sur les risques prioritaires et planifiez les autres dans un calendrier réaliste.
Le DUERP n'a pas de format imposé. Une structure efficace comprend une page de garde avec les informations de l'entreprise et la date de mise à jour. Une présentation de la méthodologie utilisée. Le découpage en unités de travail. Pour chaque unité, l'inventaire des risques avec la cotation. Le plan d'action associé. Les annexes utiles comme les fiches de données de sécurité ou les comptes rendus de visites.
Le DUERP doit être accessible aux salariés, aux représentants du personnel, au médecin du travail, à l'inspection du travail et aux agents de la CARSAT. Informez les salariés de son existence et de ses modalités de consultation.
Pour les entreprises de 11 salariés et plus, la mise à jour est au minimum annuelle. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, la mise à jour n'est pas soumise à une périodicité fixe mais reste obligatoire lors de tout changement significatif.
Dans tous les cas, une mise à jour s'impose lors de toute décision d'aménagement modifiant les conditions de travail, lorsqu'une information supplémentaire concernant l'évaluation d'un risque est recueillie, et après chaque accident du travail.
Le DUERP ne doit pas être un exercice annuel déconnecté du quotidien. Intégrez son suivi dans vos réunions de management, dans les points RH, dans les échanges avec le CSE. Un document vivant est un document utilisé.
Les entreprises qui réussissent leur démarche de prévention sont celles qui font du DUERP un outil de travail, pas un dossier d'archive. Chaque incident, chaque retour du terrain, chaque évolution organisationnelle est une occasion de l'enrichir et de le faire progresser.
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